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EMB : confusions, abus et errements

mercredi 18 novembre 2009, par abdelghani



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Communiqué de presse

Qu’on se le dise : l’organe chef de culte musulman, dans sa structure actuelle (à savoir « Exécutif des Musulmans de Belgique » ou « EMB »), est une institution à l’agonie ! Produit des élections controversées de 2005 (lesquelles pourraient être frappées de nullité par le Conseil d’Etat s’il suit l’avis de son auditeur), cet organe peine à gagner en crédibilité auprès de la communauté musulmane et des autorités publiques.

Déboires judiciaires, gestion financière chaotique... mais surtout, depuis quelques mois, des déclarations et prises de positions maladroites voire préjudiciables pour le processus d’institutionnalisation de l’islam en Belgique.  

Cette année, dans son traditionnel communiqué de presse « annonçant » le début du mois de jeûne de Ramadan (20/08/2009), l’EMB précise « [...] qu’en sa qualité d’Organe Chef du Culte musulman, il a pour mission d’annoncer le début et la fin du mois de Ramadan ».  

Appartient-il à un organe chargé de la gestion du temporel d’un culte de communiquer sur des décisions d’ordre théologique ? Certes non ! Rappelons que, chaque année, un comité de théologiens se réunit afin de déterminer le début et la fin du mois de Ramadan. Il appartient donc à ce seul comité de communiquer ses décisions, l’organe chef de culte musulman n’ayant pour missions que :  

- la présentation aux Régions des demandes d’octroi de la personnalité juridique aux établissements publics chargés de la gestion des biens afectés à l’exercice du culte ;

- le recrutement et la désignation des enseignants de religion islamique dans les écoles officielles ainsi que l’organisation de l’inspection ;

- le recrutement et la désignation des aumôniers dans les forces armées, les prisons, les hôpitaux, les maisons de repos et de soins ;

- la présentation au SPF Justice des demandes de nomination de ministres de culte (imams) dans les mosquées reconnues ; 

- la gestion de la concession d’émissions religieuses à la radio et à la télévision.  

Au mois d’août de cette même année, l’EMB déclare dans un autre communiqué (21/08/2009) avoir désigné onze imams par l’intermédiaire d’une commission de théologiens interne. Procédé surprenant lorsque l’on sait que les seules entités compétentes en matière de désignation des ministres de culte sont les comités de gestion des mosquées reconnues, l’EMB n’étant appelé qu’à proposer au SPF Justice (chargé de la nomination) les noms des imams sélectionnés par lesdites mosquées. Sans conteste, l’EMB a outrepassé ses compétences et l’on peut clairement pointer un abus de pouvoir manifeste dans le chef de cette institution. En agissant de la sorte, c’est la liberté du culte même que l’EMB menace !  

Enfin, plus récemment, l’EMB a publié un communiqué de presse (29/10/2009) revenant sur la controverse que suscite la question de l’interdiction ou non du port du foulard dans les établissements scolaires des Communautés française et flamande. Un débat politique dans lequel l’EMB - chargé de la gestion du temporel du culte - n’a aucunement sa place. S’il entend défendre les intérêts de la communauté musulmane, cela doit se faire dans le strict cadre des missions légales qui lui ont été assignées. Par exemple, veiller à ce que les écoles organisent effectivement des cours de religion islamique partout où une demande est formulée, négocier avec les chaînes publiques la concession d’émissions religieuses, etc.  

Ces dérives montrent combien cette institution boiteuse s’emmêle les pinceaux et n’arrive pas à cerner la nature exacte de sa mission première et exclusive : celle de gérer le temporel du culte musulman.  

Ces dysfonctionnements devront être impérativement et structurellement corrigés. L’occasion en sera donnée lors de la refondation de cette institution qui, en principe, devrait intervenir à l’expiration du mandat de l’actuel EMB le 31 décembre 2009.  

Nous y travaillons activement !  

Think tank Vigilance musulmane   

Bruxelles, le 17 novembre 2009. 

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